Les religions officielles furent successivement l'hindouisme, le Bouddhisme mahāyāna et enfin le Bouddhisme theravāda introduit à partir du Sri Lanka au XIIIe siècle.
L'HINDOUISME
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L'hindouisme est la plus vieille des principales religions du monde. Avec plus de 900 millions de fidèles, elle est actuellement la troisième religion la plus répandue, après le christianisme comptant environ deux milliards de fidèles au total et l’islam à près d'un milliard. L'hindouisme peut être convenablement défini comme étant un mode de vie socio-religieux des hindous. Il existe beaucoup de rapports entre L'Inde et l'Occident ce qui fait de l'hindouisme une religion assez accessible.
L'hindouisme, ou plus exactement le Sanâtana Dharma, est plus une façon de vivre et de penser qu’une religion organisée. Historiquement, « hindou » ne fait pas référence à un système de croyances religieuses ; le terme, d’origine persane se rapporte aux personnes qui vivent de l’autre côté. Après la colonisation britannique, le terme a été employé pour indiquer un ensemble flou de faits religieux.
En 1966, la cour suprême de l'Inde a défini le cadre de la foi hindoue comme suit :
- l’acceptation respectueuse des Veda comme la plus Haute Autorité sur les sujets religieux et philosophiques et l’acceptation respectueuse des Veda par les penseurs et philosophes hindous comme base unique de la philosophie hindoue,
- l’esprit de tolérance et de bonne volonté pour comprendre et apprécier le point de vue de l’adversaire, basé sur la révélation que la vérité comporte plusieurs apparences,
- l’acceptation par chacun des six systèmes de philosophie hindoue d’un rythme du monde qui connaît des périodes de création, d’entretien et de destruction, périodes, ou Yuga, qui se succèdent sans fin,
- l’acceptation par tous les systèmes de la philosophie hindoue de la croyance dans la renaissance et la pré-existence des êtres,
- l’identification du fait que les moyens ou les manières d’accéder au salut sont multiples,
- la réalisation de la vérité que, aussi grand que puisse être le nombre des divinités à adorer, on peut cependant être hindou et ne pas croire qu’il faille adorer des idoles,
- à la différence d’autres religions, ou croyances, la religion hindoue n’est pas liée à un ensemble défini de concepts philosophiques.
Selon un autre point de vue, un hindou est celui qui croit à la philosophie exposée dans les Veda (ou savoir). Les Veda sont peut-être les écritures religieuses les plus anciennes du monde. Leur enseignement de base est que la vraie nature de l’homme est divine. Dieu, ou le Brahman comme il est généralement nommé, existe en chaque être vivant. La religion est donc une recherche de la connaissance de soi, une recherche du divin présent en chaque individu. Les Veda déclarent que personne n’a besoin « d’être sauvé », car personne n’est jamais perdu. Dans le pire des cas, on vit dans l’ignorance de sa vraie nature divine. En particulier la référence aux femmes comme autorité religieuse (avec existence ...
L'hindouisme est d'autre part plus tolérant envers les autres idées.
Le Védanta reconnaît qu’il y a beaucoup d’approches différentes de Dieu, et toutes sont valides. N’importe quel genre de pratique spirituelle mène au même état de réalisation de soi. Ainsi, le Vedanta enseigne le respect de toutes les croyances et se distingue de la plupart des autres religions majeures par son fort encouragement à la tolérance envers ces différents systèmes de croyance.
En sanscrit védique, le mot Sindhu signifiait en particulier le fleuve Indus, mais aussi une rivière ou une étendue d'eau en général (par exemple, une mer ou un lac). Les Aryens appellent leur territoire Sapta Sindhu : la terre aux sept rivières (y compris l'Indus). Cette expression est attestée à plusieurs reprises dans le Rig-Veda. Le son phonétique /s/ de la branche indo-aryenne des langues indo-iraniennes (représentée par le sanscrit) est linguistiquement analogue avec le son /h/ de la branche iranienne (représentée par l'avestan et le persan ancien). Donc, le terme "Sapta Sindhu" est devenu Hapta Hindou en Avesta, l'écriture sacrée des Iraniens anciens (Vendidad : Fargard 1,18). Ainsi, l'Inde, à l'est de l'Indus, était appelée Hindustan, et ses habitants ont été appelés hindous par les Persans, puis à leur suite, par les Arabes. Enfin, le terme persan a été repris sous la forme « India » en grec, latin et anglais, et « Inde » en français. Le mot hindou, probablement en raison de l'influence iranienne — dans le sens de "gens d'Inde" — est utilisé dans quelques-uns des textes de sanscrit médiéval, comme le Bhavishya Purâna, Kâlikâ Purâna, Merutantra, Râmakosha, Hemantakavikosha et Adbhutarûpakosha.
Aujourd'hui (et aussi en sanscrit ancien), la façon officielle de dire "Inde" en Hindi est Bhârat, et le nom de l'Inde est Bhârata.
L'hindouisme est appelé religion Aryenne (Arya Dharma), ce qui signifie religion noble. On trouve aussi le terme de Vaidika Dharma (la religion védique).
Il semble finalement assez hasardeux de véritablement définir le concept « hindouisme » tant il est complexe et multiforme. Il est donc préférable de cerner l'hindouisme par ses idées et ses pratiques.
L'hindouisme existe aujourd’hui sur deux plans différents — le premier basé purement sur la foi et le second basé sur la philosophie. Souvent, les deux plans s’entrecroisent.
Bouddhisme mahāyāna
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Le Bouddhisme mahāyāna (terme sanscrit signifiant «grand véhicule») apparait vers le début de l’ère chrétienne au Nord de l’Inde, d’où il se répand rapidement en Asie centrale puis en Chine, avant de se diffuser dans le reste de l’Extrême-Orient. Sa forme tantrique, apparue en Inde avant le IVe siècle, pénètre au Tibet entre le VIIe et le VIIIe siècle. Ce nouveau courant redéfinit le bouddhisme d’origine (dont le Bouddhisme theravāda actuel ou «doctrine des Anciens» est l’héritier), comme hīnayāna, « petit véhicule », terme un peu condescendant qui veut mettre en évidence l’appel limité de la pratique traditionnelle austère, en contraste avec l’appel plus large du « grand véhicule ».
Le nouveau bouddhisme ne s’appuie pas seulement sur les écrits du Bouddha historique, mais aussi sur des textes postérieurs qu’il présente néanmoins comme dictés ou inspirés par Shakyamuni, ainsi que sur des exégèses et les écrits d'autres « maîtres ».
Bien que le mot « schisme » soit couramment employé, jusqu'au VIIe siècle, les moines hinayana et mahāyāna pratiquent dans les mêmes monastères, suivant les mêmes règles ; la forme pratiquée est considérée comme un choix personnel.
Le courant mahayana émerge à partir du Ier siècle ap. J.-C. et s’affirme au IIe siècle en Inde du Nord et dans l’Empire kouchan presque simultanément. Ses origines exactes n’ont pas encore été éclaircies, bien qu’on puisse retrouver des ressemblances doctrinales sur quelques points avec certaines écoles anciennes, ekavyavaharika, lokottaravadin et sautrantika en particulier. L’école madhyamika fondée au IIe siècle par Nagarjuna, dont l’influence sera très grande, est la première école proprement mahayana. Les cultures de l’empire kouchan on pu également exercer leur influence.
Les premières occurences des termes « mahayana » et « hinayana » se trouvent dans le Sutra du Lotus et la Prajñāpāramitā en 8000 lignes qui pourraient remonter au Ier siècle de notre ère, voire au Ier siècle av. J.C. pour le second.
Il ne faut pas confondre le mahāyāna qui apparait au début de l’ère chrétienne avec la mahasanghika, « grande communauté » partisane de réformes, jugée hérétique et poussée à la sécession par les traditionnalistes sthaviravadin à une époque plus ancienne, variant selon les sources du concile de Vaisali (IVe siècle av. J.C.) au concile de Pāïaliputra (IIIe siècle av. J.C.). Néanmoins, ces deux courants qui partagent le préfixe « grand » ont sans doute en commun de proposer une forme moins austère et accessible à un plus grand nombre. Une des versions du concile de Pāïaliputra voit dans la mahasanghika ceux qui contestent la perfection des arhats, une idée que l’on retrouve dans la doctrine mahayana.
Le mahayana connut au cours du premier millénaire de l’ère chrétienne une phase d’expansion qui le diffusa tout d’abord en Asie centrale, puis dans tout l’Extrême-Orient et en Asie du Sud-Est. La contre-réforme brahmanique en Inde et l’expansion de l’Islam le firent reculer dès le VIIe siècle en Inde et en Asie centrale. En Asie du Sud-Est, il fut progressivement supplanté par le theravada ; il y a presque disparu après le XVe siècle, à l’exception de la diaspora chinoise et du Vietnam, plus influencé par le bouddhisme chinois.
De nos jours le « grand véhicule », formes tantriques comprises, domine numériquement le « petit ». Il est surtout présent en Inde du nord, en Chine et dans le Sud-Est asiatique (Chan et Jingtu), en Corée (Son, notamment l'école Chogye), au Japon (Zen, Tendai, Nichiren, Terre Pure, néo bouddhisme). Le vajrayana qui en est dérivé est présent au Japon (Shingon et certaines formes de Tendai), ainsi qu’au Tibet, dans les régions voisines (Ouest chinois, Bouthan, Népal) et en Mongolie, sous forme de lamaïsme empreint d'hindouisme, de chamanisme et d'une magie propre aux peuples tibétains. La grande majorité des nouveaux bouddhistes issus de régions où ce courant spirituel est d'introduction récente choisissent une forme mahayana, tantrique ou zen en général.
L'absence de nature propre (autrefois limitée à la personnalité) s'étend dans le Mahāyāna à tous les phénomènes. Nāgārjuna ira jusqu'à affirmer que le sasāra et le nirvāna sont comme «les deux côtés d'une assiette (ou d'une pièce)».
Fortement inspirés de l'hindouisme, les préceptes du mahâyâna réintroduisent des idées éliminées par le Bouddha, le salut par la dévotion, le ritualisme ou la présence de divinités (parfois absorbées par syncrétisme à partir d'autres religions, comme le taoïsme ou le shintoïsme). À la rigueur et la discipline personnelle du « Petit Véhicule » (telle est l'expression péjorative des tenants du mahāyāna), le « Grand Véhicule » oppose la compassion (karuna) et l'intercession par les bodhisattvas, dont la sagesse personnelle est utilisée pour venir en aide à autrui, par le biais du transfert de mérites (parinama). En effet, alors que dans la doctrine des anciens le but ultime est de devenir soi-même (et pour tous les êtres) un arhant, dans le mahâyâna l'état de bodhisattva prime. En plus de la prise de refuge, le pratiquant mahayana peut prononcer des vœux de boddhisattva s’engageant à œuvrer après son illumination à la salvation de tous les êtres jusqu’au dernier.
Les laïcs peuvent accéder au nirvana, à condition qu'ils pratiquent en développant avec foi l'amour et la compassion envers autrui, et effectuent quotidiennement les exercices de yoga enseignés par leurs guides spirituels. La notion de tathagatagarbha, «embryon d’être-en-soi» ou «embryon de bouddha», qui serait universellement présent chez les êtres sensibles, conforte cette pratique.
Le Bouddha, de personnage historique, devient dans la doctrine des trois corps l'émanation d'un bouddha cosmique comme peut l'être Vairocana, une divinité panthéiste et syncrétique englobant en son sein les anciennes divinités. Ces déités représentent des qualités vers lesquelles doit tendre le pratiquant, le but étant de développer les causes qui vont permettre d'élargir sa conscience et d'établir l'être dans des actes libérateurs de l'attachement au concept du moi.
Il existe différentes façons d'aborder le bouddhisme. Les études de sociologie religieuse semblent indiquer que les pratiquants du mahayana, particulièrement les laïques, le considèrent en général comme une religion. Par ailleurs, de par sa large diffusion et son appel universel, le mahayana a donné naissance à de nombreuses formes mixtes, mélange de religion locale et de bouddhisme, parfois appelées «bouddhisme populaire».
Les sûtras mahāyāna sont très nombreux. Certains (Sûtra du Diamant et Sûtra du Cœur notamment), sont récités quotidiennement dans de grandes parties du monde bouddhiste. D'autres sont plus spécifiquement liés à une école.
Les plus anciennes versions à nous être parvenues sont les traductions chinoises que le moine Lokaksema fit entre 178 et 189 à Luoyang, en particulier le Pratyutpanna Sûtra qui introduit le bouddha Amitabha et le Prajñāpāramitā Sūtras d’où sont tirés le Sûtra du Cœur et le Sûtra du Diamant.
Selon certaines sources, un travail de traduction de sûtras du gandhari en sanscrit s’étendant sur 12 ans aurait été entrepris sous le règne de Kanishka Ier (127)-147) dans l’Empire kouchan lors d’un concile.
La tradition mahayana considère que Gautama Bouddha a dispensé son enseignement selon différents niveaux pour s’adapter aux différents degrés d’avancement spirituel de ses disciples. Selon cette perspective, les sûtras hinayana, dits « de la première roue » (premier exposé de la doctrine débutant par le sermon du Parc aux daims), sont destinés à un auditoire moins avancé. C'est plus tard, au Pic des vautours, qu'il aurait débuté l'enseignement des textes « de la deuxième roue », destinés aux disciples les plus avancés. Néanmoins, l’école Huayan présente le Sutra Avatamsaka sur lequel elle s’appuie comme le premier dicté par le Bouddha juste après son nirvana. Certains considèrent les sûtras dans lesquels le concept de tathagatagarbha tient une place importante (ex: Sûtra Lankavatara) comme relevant d'une « troisième roue ». Le vajrayana reconnait l’importance des sûtras mahayanas mais fait surtout appel aux tantras considérés comme plus efficaces.
Longtemps cantonnés dans des espaces géographiques différents, le mahayana et l'école des anciens sont parfois à nouveau en confrontation. Pour le théravada, la primauté historique est un gage d'orthodoxie envers l'enseignement du bouddha, les changements du mahayana étant perçu comme une dénaturation du message originel. Pour les partisans du mahayana, le qualificatif hinayana désigne dans leurs enseignements une spiritualité sèche ou une recherche tourné vers sa seule réalisation personnelle, ce qui selon eux va à l'encontre du but recherché. Au dela des clivages, cette rencontre sera probablement positive pour la compréhension et l'évolution du bouddhisme.
Bouddhisme theravāda
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Le bouddhisme theravâda, en pāli « doctrine des Anciens », sanskrit sthaviravāda est la forme de bouddhisme dominante en Asie du Sud et du Sud-Est (Sri Lanka, Thaïlande, Cambodge, Myanmar, Laos, parties du Vietnam), parmi les Chinois d’ Indonésie et de Malaisie ainsi que chez certaines ethnies du sud-ouest de la Chine. Son implantation en Occident est plus récente que celle des courants zen ou vajrayâna.
Comme son nom l’indique, il se veut l’héritier de la doctrine originelle du Bouddha. A cet égard, il est apparenté aux courants définis comme hinayâna par le bouddhisme mahâyâna apparu au début de l’ère chrétienne. Hinayâna et theravâda sont des termes souvent employés l’un pour l’autre, malgré les objections de nombreux pratiquants du theravâda. La « doctrine des Anciens » s'appuie sur un canon rédigé en pāli nommé Triple corbeille ou Tipitaka, comprenant de nombreux textes basés sur les paroles du Bouddha, recueillies par ses contemporains mais retranscrites bien plus tard.
Le terme sthaviravāda apparait tôt dans l’histoire du bouddhisme. Il désigne un ensemble de traditionnalistes opposés aux réformes proposées par un autre groupe de pratiquants nommé mahasanghika, « grande assemblée », probablement en raison du nombre élevé de ses membres. Il est difficile néanmoins de déterminer la date exacte à laquelle ils s’opposèrent, car selon les sources il peut s’agir du premier, deuxième ou troisième concile bouddhique, soit de quelques mois à trois cents ans après la mort du Bouddha. D’autre part, les sthaviravāda mentionnés dans l’histoire des conciles bouddhiques ne sont pas forcément les ancêtres directs des theravâdin actuels, même s’ils partagent une appellation similaire et ont en commun l’attachement à la tradition des origines.
De même, les dates données pour la rédaction du canon pali varient selon les traditions, les périodes proposées s’étendant du premier concile au premier siècle av.J.C. Cette dernière hypothèse est en général retenue par les historiens modernes pour les premiers textes du Sutta Pitaka et du Vinaya Pitaka, l’Abhidhamma Pitaka étant sans doute plus tardif.
Ce qui semble certain, c’est que l'empereur Ashoka (273-232 av.J.C.) contribua grandement à la diffusion du bouddhisme en général et du theravâda en particulier, puisque l’histoire de cette tradition commence avec l’implantation de la doctrine à Sri Lanka pendant et juste après son règne. Apparu vers le début de l’ère chrétienne, le mahâyâna se répandit lui aussi largement en Asie du Sud, mais s’effaça progressivement entre les VIIe et XIVe siècles suivant l’expansion de l’Islam et la « reconquête » du monde indien par l’hindouisme.
A partir du XIe siècle, Sri Lanka, terre theravâda, devint la source principale de l’influence bouddhiste en Asie du Sud. Les Môn également, installés principalement en Birmanie et dont l'archéologie révèle la présence ancienne dans certaines parties de Thaïlande et du Laos, ont pu jouer un rôle dans sa transmission car on sait qu'ils l'adoptèrent longtemps avant les autres, bien que la date exacte soit incertaine. L’empereur birman Anawrahta (1044–1077) introduisit officiellement le theravâda dans son pays, et de nombreux temples furent construits à Pagan entre le XIe et le XIIIe siècle. Le theravâda fut également introduit vers 1260 dans le royaume Thaï de Sukhothai où il vit son influence grandir durant la période d’Ayutthaya (XIVe siècle-XVIIIe siècle). La doctrine des anciens continua sa progression vers le Laos et le Cambodge au XIIIe siècle. Plus récemment, on constate depuis le milieu du XXe siècle une résurgence du bouddhisme, dans laquelle le theravâda occupe une place importante, chez les Malais et Indonésiens d'origine chinoise.
La doctrine du theravâda explique comment accéder soi-même à la délivrance en devenant un arahant (personne délivrée parce qu'elle a suivi la voie enseignée par le Bouddha sans bénéficier de l'omniscience), un bodhisatta (personne qui cherche absolument à devenir un bouddha pour enseigner en pratiquant les vertus dites pāramita) ou un sambuddha (« bouddha parfait », personne qui, possèdant une compréhension parfaite des enseignements du Bouddha, accède à l'éveil et peut enseigner).
Elle rejette catégoriquement l'idée d'un dieu créateur et tout puissant, ainsi que l'idée d'un salut obtenu par la seule dévotion et le culte des reliques. En effet d'après le canon pāli, le Bouddha aurait dit : « On est son propre refuge, qui d'autre pourrait être le refuge » (Dhammapada, XII, 4). Cela signifie qu'on ne peut attendre de personne l'obtention de l'illumination, il faut chercher en soi-même la vérité et pour atteindre ce but suivre le noble sentier octuple.
Pour la doctrine des anciens, le meilleur moyen d'accéder au salut est d'adopter le mode de vie monastique, mais il demeure toutefois accessible à tous. Elle s'adresse donc principalement aux hommes et aux femmes qui renoncent à la vie laïque, elle ne divinise pas le Bouddha et ne croit pas en l'intercession au moyen de bodhisattva sauveurs.
Il faut néanmoins noter que dans les formes populaires de theravâda, au Sri Lanka comme au Cambodge, le Bouddha est l'objet d'une vénération proche de celle d'un dieu, il y a donc une distinction entre le culte populaire et les spéculations monastiques.
La vie monastique induisant le détachement, des biens matériels comme des êtres, cela a conduit à ce que la doctrine theravâda soit qualifiée - à tort - d'égoïste par les tenants de mahâyâna. Cependant, cette doctrine prône l'amour universel envers toutes les créatures. De plus, seul celui qui s'est lui-même libéré est en mesure d'aider les autres à en faire autant.
L'obligation d'adopter le mode de vie monastique étant fort contraignante et non accessible à tous, le theravâda fut qualifié de « Petit Véhicule » par opposition au mahâyâna ou « Grand Véhicule ».
La méditation theravâdin inclut deux pratiques : samatha bhavana et vipassana bhavana.
Samatha, le développement de la tranquillité, mène à l'atteinte des jhanas, de profonds niveaux de concentration. Elle vise également le développement de la bienveillance, de la compassion, du détachement. Ainsi, Metta est le développement d'un sentiment d'amour détaché envers chaque être. Anapanasati est la concentration basée sur la respiration. Anapasati est cependant parfois employée en vue de la pratique de vipassana.
Vipassana bhavana, la pratique formelle d'une introspection, est parfois décrite selon un ensemble de 18 contemplations, comme la contemplation de l'impermanence. Elle mène à la réalisation de l'état d'arahant.
La pratique de l'ordination est souvent pratiquée selon une philosophie différente de l'ordination religieuse occidentale. Elle peut être temporaire ; un homme peut devenir moine plusieurs fois dans sa vie ou la recevoir sans compter demeurer un bhikku sa vie durant.
C'est même une pratique socialement valorisée : les hommes accomplissent leur devoir en devenant moine pendant un temps, avant de revenir à la vie laïque, justement pour se marier.